mardi 16 septembre 2008

Encore, encore, en dans

À l' aile psychiâtrique, ce qui me sauva de la déprime, c' était l' écriture. J' écrivais sur tout ce que je trouvais: bout de papier, enveloppe...Et tout était daté. J' ai gardé ces documents mais je ne les ai pas relus. Peut-être, un jour...
Il avait aussi la musique. Je m' étais entichée de Paul Piché et je le réécoutais, réécoutais...Je n' avais pas d' autres CD.

J' ai fait venir mon avocat. Ça fait grouiller un avocat dans la place. Je pouvais refuser tout traitement thérapeutique.

L' aldol était un médicament discutable et avait très mauvaise presse. Je ne l' avalais pas; je le jetais dans la toilette. Après ma lettre de refus, deux infirmières sont venus pour me le faire avaler de force.

Oh! je me suis jamais sentie aussi mal. Je marchais avec Suzanne lui expliquant ce qui se passait. Oui, je sais.

Je devais penser pour avancer la jambe droite, penser pour avancer la jambe gauche. J' avais peur de piquer du nez. Quoi de plus naturel de marcher et pourtant moi, je devais décortiquer mes mouvements.

Heureusement qu' ils se sont ravisés sur la prise d' aldol. Plus d' aldol! J' en étais soulagée.

Pourquoi je ne vais pas avec les autres aux activités? demandai-je à mon médecin. Il fallait le demander. Il aurait fallu qu' on me le dise. Y-a-t-il d' autres choses que je devrais savoir, que je ne sais pas? Un travailleur social peut venir te voir.

À partir de maintenant, ma vie changeait boute pour boute.

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